Le président pakistanais Asif Ali Zardari a approuvé la destitution du juge Tariq Mehmood Jahangiri de la Haute Cour d’Islamabad en décembre, à la suite d’une décision de justice historique selon laquelle il ne détenait pas de diplôme en droit valide au second de sa nomination. La dé-notification sans précédent – la révocation formelle de sa nomination judiciaire – a déclenché une crise constitutionnelle révélant des tensions entre l’indépendance judiciaire, la compétence institutionnelle et les mécanismes de responsabilité des juges des cours supérieures.
Le nom et la photographie du juge Jahangiri ont été supprimés du web site Web officiel de la Haute Cour d’Islamabad, et il a été exclu de la liste des anciens juges – une étape administrative soulignant le caractère définitif de la décision de la cour. Cette suppression constitue l’un des conflits de responsabilité judiciaire les plus importants de l’histoire récente du Pakistan.
La controverse est née lorsqu’une pétition demandait si le juge Jahangiri possédait un diplôme de LLB valide au second de son élévation à la Haute Cour d’Islamabad, une situation constitutionnelle préalable à la nomination en tant que juge d’une cour supérieure. La Haute Cour d’Islamabad a déclaré la requête recevable et a ordonné les réponses des autorités compétentes, y compris du juge lui-même.
L’Université de Karachi a annulé le diplôme en droit du juge Jahangiri par l’intermédiaire de son syndicat, au motif de prétendues mesures déloyales. Cependant, la Haute Cour du Sindh est intervenue en suspendant la décision de l’université, empêchant ainsi l’annulation de prendre effet juridiquement immédiat. Cette divergence judiciaire a créé un scénario juridique complexe dans lequel les mesures provisoires d’une Haute Cour semblaient entrer en conflit avec les conclusions de fond d’une autre Haute Cour.
Malgré la suspension par la Haute Cour du Sind de la décision de l’université, la Haute Cour d’Islamabad a conclu dans son jugement de décembre 2025 que le juge Jahangiri n’était pas titulaire d’un diplôme en droit valide au second de sa nomination. Un tribunal de division dirigé par le juge en chef Sardar Muhammad Sarfraz Dogar a estimé que son élévation à la magistrature était donc sans autorité légale. Le tribunal a ordonné au gouvernement fédéral de lui retirer sa fonction de juge, ce qui aurait pour effet de le démettre de ses fonctions.
Le juge Jahangiri a contesté cette décision à plusieurs niveaux. Il a déposé une requête devant la Cour constitutionnelle fédérale, faisant valoir que la Haute Cour d’Islamabad n’avait pas compétence pour connaître d’une requête contre un juge de la Haute Cour. Il a soutenu qu’en vertu de la Structure pakistanaise, les allégations concernant la conduite d’un juge relèvent exclusivement de la compétence du Conseil judiciaire suprême, l’organe constitutionnellement chargé de la responsabilité judiciaire. Le juge Jahangiri a également soulevé des objections concernant la composition du tribunal qui a entendu son cas, affirmant que l’équité procédurale avait été compromise.
La Cour suprême du Pakistan était déjà entrée dans le conflit en septembre 2025, suspendant une ordonnance provisoire de la Haute Cour d’Islamabad qui interdisait au juge Jahangiri d’exercer ses fonctions judiciaires. L’intervention de la Cour suprême a mis en lumière les inquiétudes quant à savoir si une haute cour pourrait restreindre l’un de ses propres juges sans recourir à des mécanismes constitutionnels tels que le Conseil judiciaire suprême.
La réponse de la communauté juridique à la destitution du juge Jahangiri a été profondément divisée. Plusieurs barreaux ont critiqué l’approche de la Haute Cour d’Islamabad, arguant qu’autoriser les requêtes contre des juges pourrait exposer le pouvoir judiciaire à des pressions politiques. Certains avocats ont organisé des grèves partielles, insistant sur le fait que le précédent menace l’indépendance de la justice. D’autres ont défendu la décision comme une affirmation nécessaire de la responsabilité, affirmant qu’aucun individu ne peut occuper une fonction judiciaire sans remplir les situations constitutionnelles.
L’affaire soulève des questions constitutionnelles fondamentales sur l’équilibre entre l’indépendance judiciaire et la responsabilité. Si l’indépendance protège les juges des influences extérieures, la responsabilité garantit l’intégrité institutionnelle. Le différend met en lumière les ambiguïtés du cadre constitutionnel pakistanais quant à savoir qui a le pouvoir de déterminer l’éligibilité d’un juge une fois nommé.
Les tensions juridictionnelles révélées par cette affaire illustrent un mécanisme de responsabilisation fragmenté. Les rôles contradictoires joués par la Haute Cour d’Islamabad, la Haute Cour du Sind, la Cour suprême, la Cour constitutionnelle fédérale et le Conseil judiciaire suprême ont abouti à des ordonnances contradictoires, à une insécurité juridique et à une confusion dans l’opinion publique, des résultats qui sapent la confiance dans le système judiciaire.
Plusieurs développements façonneront le résultat closing. Les décisions de la Cour constitutionnelle fédérale sur la compétence, les éventuelles procédures devant le Conseil judiciaire suprême et le jugement éventuel de la Cour suprême détermineront probablement non seulement le type du juge Jahangiri, mais également l’avenir de la responsabilité judiciaire au Pakistan. Les décisions finales concernant le statut de ses {qualifications} académiques par l’Université de Karachi et la Fee de l’enseignement supérieur peuvent avoir un poids convaincant.
Les opinions exprimées dans JURIST Dispatches sont uniquement celles de nos correspondants sur le terrain et ne reflètent pas nécessairement les opinions des rédacteurs de JURIST, du personnel, des donateurs ou de l’Université de Pittsburgh.













