L’ancrage des anticipations d’inflation est la pierre angulaire de la théorie macroéconomique moderne et une mesure clé de la crédibilité des banques centrales. Lorsque les investisseurs estiment que l’inflation restera proche de l’objectif à lengthy terme, les banques centrales peuvent influencer efficacement l’activité économique en ajustant les taux d’intérêt conformément au principe de Taylor (Bauer, 2015). Mais si les attentes à lengthy terme deviennent instables, les marchés pourraient douter de l’engagement ou de la capacité de la banque à contrôler l’inflation, ce qui diminuerait le pouvoir des décisions politiques.
Cette query est devenue au premier plan en Europe. Le mandat principal à moyen terme de la Banque centrale européenne (BCE) est de garantir que l’inflation reste secure à 2 %. Le resserrement monétaire agressif de la BCE, y compris des hausses de taux et un resserrement quantitatif, a ramené l’inflation à 2,5 % en juin 2024 après avoir atteint un niveau report de 10,7 % en octobre 2022 dans un contexte de chocs d’offre post-COVID et de flambées des prix de l’énergie. Pourtant, même ce niveau se situe légèrement au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE, laissant les marchés et les décideurs politiques se demander : la BCE a-t-elle réussi à préserver l’ancrage des anticipations d’inflation, ou les récentes turbulences ont-elles érodé sa crédibilité ?
Ce weblog présente une thèse plus massive de l’auteur qui a remporté le premier prix des Grasp Theses Awards 2024 de la CFA Society Belgium et aborde cette query en examinant remark les anticipations d’inflation de la zone euro, mesurées par les taux des swaps indexés sur l’inflation (ILS), ont répondu aux chocs de politique monétaire entre 2013 et 2024. Cette période s’étend sur deux phases critiques : les années d’inflation faible persistante avant la COVID-19 et la pic post-COVID. Comprendre les réactions des investisseurs au cours de cette période permet de déterminer si les orientations prospectives, les ajustements de taux et l’assouplissement quantitatif (QE) de la BCE ont renforcé ou miné la confiance dans son objectif d’inflation.
Ce qui distingue cette étude
Alors que des recherches antérieures ont examiné les surprises de marché à haute fréquence liées aux annonces politiques (par exemple, Bernanke & Kuttner, 2005 ; Gurkaynak, Sack & Swanson, 2005 ; Altavilla et al., 2019), cette étude introduit de nouvelles improvements :
Il étend la chronologie de 2013 à 2024, capturant à la fois la période de faible inflation pré-COVID et la poussée post-COVID que la plupart des analyses antérieures négligent. Il look at la construction à lengthy terme des anticipations d’inflation en analysant les taux ILS au comptant et à terme jusqu’à des échéances de dix ans (García & Werner, 2021 ; Miccoli & Neri, 2019), offrant ainsi une vue plus complète sur des horizons à courtroom, moyen et lengthy terme. Il applique des projections locales avec des devices externes, une méthode démontrée par Plagborg-Møller & Wolf (2022) comme étant plus robuste que les modèles traditionnels d’autorégression vectorielle (VAR) pour des échantillons et des horizons plus courts. Enfin, il sépare les effets de politique monétaire pure des effets d’data en utilisant des méthodologies inspirées de Jarociński & Karadi (2020) et Andrade & Ferroni (2021), en distinguant les informations sur les chocs odysséens, qui font référence à la politique future, des chocs Delphiques, qui sont des signaux sur les views économiques.
Nous avons constaté que pour la BCE, les résultats plaident en faveur d’une utilisation prudente des indications prospectives. Même si elles peuvent façonner efficacement les attentes du marché, des orientations mal calibrées risquent de générer des chocs Delphiques qui compromettent les objectifs politiques. Les mouvements de taux conventionnels et l’assouplissement quantitatif (QE) influencent les attentes de manière plus prévisible. Il n’est cependant pas nécessaire de réagir de manière extreme avec une politique trop restrictive. L’ancrage des anticipations à lengthy terme suggère que l’inflation peut être ramenée à son objectif sans mettre en péril la croissance.
Incertitude à courtroom terme, stabilité à lengthy terme
Nous avons procédé à l’analyse en trois events :
Premièrement, nous avons mesuré la manière dont les taux ILS réagissent à quatre varieties de chocs monétaires identifiés : le taux cible fixé par les changements de politique, les orientations/calendriers à courtroom terme, les orientations prospectives à moyen terme et l’assouplissement quantitatif (QE). La réponse immédiate des taux ILS à ces chocs est modérée, mais des mouvements significatifs apparaissent au bout de 10 à 15 jours, un décalage cohérent avec la faible liquidité du marché des swaps d’inflation de la zone euro (Miccoli & Neri, 2019). Comme le prédit la théorie, les taux cibles restrictifs et les chocs d’assouplissement quantitatif réduisent les attentes d’inflation à courtroom terme jusqu’à deux ans. En revanche, les chocs à courtroom terme et les chocs d’orientation potential produisent des effets plus faibles, parfois contre-intuitifs, faisant écho aux observations antérieures d’Altavilla et al. (2019) et Andrade & Ferroni (2021). Pour répondre à ces anomalies, la deuxième étape de cette thèse sépare les composants Odyssean et Delphic. En analysant les co-mouvements entre les swaps d’indices au jour le jour (OIS) à deux ans et l’Euro STOXX 50 autour des annonces politiques, nous classons chaque sort de choc (politique future Odyssean et views économiques Delphic) et ce faisant, nous observons que certaines réactions surprenantes des anticipations d’inflation sont des réponses aux nouvelles économiques, et non à la politique monétaire en soi. Néanmoins, diviser les événements de cette manière raccourcit l’échantillon et augmente le bruit d’estimation. Pour atténuer ce problème, la dernière étape applique une nouvelle stratégie d’identification traitant chaque événement comme un mélange de trois facteurs : le timing Odyssean, le guidage avancé Odyssean et le chemin Delphic. Ce modèle affiné produit des réponses conformes à la théorie macroéconomique : les chocs restrictifs d’Odyssean dépriment les attentes à courtroom terme jusqu’à 10 factors de base, tandis que les chocs Delphic les augmentent. Il est necessary de noter que le modèle souligne que les orientations prospectives comportent le risque de déclencher des chocs Delphic si les marchés interprètent à tort les signaux comme des informations sur les views économiques, compensant ainsi potentiellement leurs effets escomptés. Cela rend les mesures conventionnelles et les alternate options au QE plus sûres.
Dans tous les modèles, les anticipations d’inflation sur cinq à dix ans ne sont pas affectées par les surprises politiques. Même pendant l’extrême volatilité de 2022 et 2023, les investisseurs n’ont pas révisé leurs views à lengthy terme concernant l’inflation dans la zone euro d’une manière qui suggérerait un désancrage. Cela prouve clairement que, malgré la réaction tardive de la BCE à la flambée des prix, son objectif de 2 % reste crédible.
Implications pour les investisseurs et les décideurs politiques
Pour les acteurs du marché, ces résultats offrent deux factors à retenir :
Premièrement, la tarification de l’inflation à courtroom terme peut être smart aux fake pas de communication. Les investisseurs doivent tenir compte non seulement de l’ampleur et de l’orientation des mesures politiques, mais également du ton et du contexte des déclarations de la BCE, en particulier pendant les périodes volatiles où il est difficile de faire la distinction entre les signaux Odyssean et Delphic. Deuxièmement, la persistance d’anticipations à lengthy terme ancrées suggère que les anticipations d’inflation restent fermement ancrées. Cette crédibilité contribue à stabiliser les marchés financiers et à modérer les primes de risque, même lorsque les mouvements de prix à courtroom terme sont volatils.
En résumé, même pendant la récente période de forte inflation post-Covid, les annonces de politique monétaire n’ont pas conduit à un désancrage des anticipations d’inflation à lengthy terme dans la zone euro. Par conséquent, l’objectif d’inflation de 2 % de la BCE semble crédible aux yeux des marchés financiers, ce qui indique que la BCE n’aura peut-être pas besoin d’adopter une politique monétaire trop restrictive pour ramener l’inflation vers son objectif. Pour les investisseurs, cette stabilité suggère qu’ils peuvent accorder une plus grande confiance aux signaux du marché à lengthy terme et éviter de réagir de manière extreme aux surprises inflationnistes à courtroom terme.
Annexe et citations :
Altavilla, C., Brugnolini, L., Gürkaynak, RS, Motto, R. et Ragusa, G. (2019). Mesurer la politique monétaire de la zone euro. Journal d’économie monétaire, 108, 162-179.
Andrade, P. et Ferroni, F. (2021). Chocs de politique monétaire Delphic et Odyssé : données probantes de la zone euro. Journal d’économie monétaire, 117, 816-832.
Bauer, MD (2015). Anticipations d’inflation et actualités. Journal worldwide des banques centrales, 11(2).
Bernanke, B. et Kuttner, Ok. (2005). Qu’est-ce qui explique la réaction du marché boursier à la politique de la réserve fédérale ? Journal des Funds, 60(3), 1221-1257.
García, JA et Werner, SEV (2021). Actualités sur l’inflation et anticipations d’inflation dans la zone euro. Journal worldwide des banques centrales
Gurkaynak, RS, Sack, B. et Swanson, ET (2005). Les actions sont-elles plus éloquentes que les mots ? la réponse des prix des actifs aux actions et déclarations de politique monétaire. Journal worldwide des banques centrales, 1(1).
Miccoli, M. et Neri, S. (2019). L’inflation surprend et les anticipations d’inflation dans la zone euro. Économie appliquée, 51(6), 651-662.
Plagborg-Møller, M. et Wolf, CK (2022). Identification des variables instrumentales des décompositions de variance dynamique. Journal d’économie politique, 130(8), 2164-2202.
Jarociński, M. et Karadi, P. (2020). Déconstruire les surprises de la politique monétaire : le rôle des chocs informationnels. American Financial Journal : Macroéconomie, 12(2), 1–43.















