Pendant des décennies, les marchés émergents se sont négociés comme une classe d’actifs macroéconomiques, une expression à effet de levier du cycle du greenback, de la croissance intérieure et des balances extérieures (nous en discuterons plus en détail dans 10 règles de sélection des pays sur les marchés émergents). Aujourd’hui, l’indice boursier des marchés émergents est très différent. Il est de plus en plus dominé par quelques sociétés technologiques à très grande capitalisation dont la fortune est plus étroitement liée aux investissements dans l’IA et aux chaînes d’approvisionnement mondiales qu’aux moteurs macroéconomiques traditionnels des marchés émergents.
Pourtant, de nombreux investisseurs mondiaux considèrent toujours les marchés émergents comme une classe d’actifs macro liée aux devises, à la croissance nationale et aux soldes extérieurs. Cela crée un fossé croissant : dans sa forme actuelle, l’indice ME fonctionne de plus en plus comme un jeu oblique sur les investissements technologiques mondiaux et les dépenses d’investissement en IA menées par les États-Unis.
Par conséquent, les investisseurs qui cherchent à se diversifier en dehors des actions américaines pourraient ne pas obtenir le résultat escompté par la seule exposition passive aux marchés émergents. Par ailleurs, les recherches menées par Arslanalp et coll. (FMI, 2020) souligne que les allocations basées sur des indices de référence peuvent amplifier le rôle des facteurs externes au détriment des fondamentaux nationaux, augmentant ainsi le risque de flux déconnectés des circumstances économiques locales.
Pour les allocateurs souhaitant exprimer des opinions macro, une approche plus ciblée peut être nécessaire. Dans ce contexte, les stratégies actives offrent la flexibilité d’aligner les portefeuilles sur les facteurs macroéconomiques sous-jacents plutôt que sur la composition rétrospective de l’indice.
















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